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S e n t i m e n t s _ h i v e r n a u x _________
Nuit de Janvier. Et la couleur argentée des âmes fanées. Un vent douloureux qui arpente les rues, portant sur son dos le poid d'un ciel pleurant. Un silence givré, des frissons figés. Seule, la lune mielleuse dans sa lueur éternelle; fière, dominant sa solitude. Le gémissement d'un animal, celui qui vient de nul part, qui nous morfond dans l'inconnu le plus total. Il fait noir et la vie paraît ne plus être. Tout est invisible, et pourtant c'est un invisible que l'on peut toucher. On le scrute, on le cherche. Une perle de pluie, ou bien une larme venue s'écraser sur un feuille morte. Un sol vertigineux, une montagne de maisons scandaleuses. Des cris dont les fleurs se souviennent encore, et ses fleurs, si belles. Douces, transportées par la froideur du vent, elles dansent telle une abeille ayant perdu le contrôle de ses ailes. Du mouvement ténébreux des nuages sombres se dégage la mélodie d'un temps fievreux. Tout échappe au sens, ses sens endormis, défaits de leur énergie naturelle. Plus de couleurs, plus de sourires. Une beauté vieillie sur des visages mélancoliques, des expressions qui transpirent. Des âmes en roche et des coeur en glace.
C'est comme la survie des temps douloureux.
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